2026/07/04

Aristote, le philosophe dont l’œuvre influença l'Occident et l’Islam

Philosophe, scientifique et observateur tenace, Aristote marqua l'histoire de la pensée. Disciple de Platon, maître d'Alexandre le Grand et fondateur du « Lycée », il explora divers domaines du savoir. Plus de vingt-trois siècles après sa mort, ses idées continuent d'influencer la philosophie, les sciences, la politique et notre manière de raisonner. Retour sur le parcours d'un esprit universel

Aristote
Représentation image : copie romaine, d’un buste grec de Lysippse, représentant philosophe grec Aristote (vers 330 avant notre ère)
Arrangement image : Dany Ollivier
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Une jeunesse studieuse

Le philosophe grec Aristote naquit à Stagire en Chalcidique (348-322 avant notre ère). Son père, Nicomaque, exerça la médecine auprès du roi de Macédoine ; ce qui dirigea l’intérêt, du jeune Aristote, vers les sciences naturelles. Dès son enfance, il découvrit l'importance de l'expérience, de l'analyse, de la recherche des principes et des causes qui marquèrent, durablement, sa réflexion.

Devenu orphelin, il rejoignit, vers l'âge de dix-sept ans, « l'Académie » du philosophe grec Platon, à Athènes. Il y demeura pendant près de vingt ans, étudia avec empressement et s'imposa comme l'un des plus brillants élèves de Platon.

Le précepteur du futur conquérant

Après la mort de Platon, Aristote quitta Athènes et séjourna dans plusieurs cités grecques. Il épousa Pythias et poursuivit ses recherches tout en enseignant. En 343 avant notre ère, le roi Philippe II de Macédoine l'invita à devenir le précepteur de son fils, le futur Alexandre le Grand. Aristote forma le prince, pendant plusieurs années, et lui transmit le goût de la philosophie, des sciences, de la littérature et de la culture grecque.

Le « Lycée », un laboratoire de la connaissance

Quelques années plus tard, Aristote revint à Athènes et fonda le « Lycée ». Il y enseigna tout en marchant, avec ses élèves, dans les allées du jardin, ce qui valut à son école le nom de « péripatéticienne », du grec « peripatein » qui signifie « se promener ».

L’établissement devint un véritable centre de recherche où les élèves recueillirent des observations sur les plantes, les animaux, les phénomènes naturels, les constitutions politiques et la philosophie. Aristote encouragea ses disciples à observer, comparer, classer et vérifier leurs connaissances avant d'en tirer des conclusions. Cette démarche, fondée sur l'expérience et le raisonnement, annonça la méthode scientifique moderne.

À la mort d'Alexandre le Grand, le climat politique devint hostile aux Macédoniens. Craignant de subir le même sort que Socrate, Aristote préféra quitter Athènes afin d'éviter des poursuites. Il se réfugia à Chalcis où il mourut à l'âge de soixante-deux ans.

Une œuvre importante

L'œuvre d'Aristote couvrit un domaine, particulièrement, vaste…

En logique, il élabora les principes du raisonnement rigoureux et fonda la théorie du syllogisme, qui influença, durablement, la philosophie occidentale. Pendant près de deux mille ans, sa logique demeura la référence dans les écoles et les universités d'Europe.

En physique, il chercha à expliquer les mouvements, les causes et la structure du monde.

En biologie, il examina les animaux, les disséqua parfois, les ordonna et décrivit leurs caractéristiques. Ses travaux constituèrent l'une des premières grandes tentatives de classification du vivant.

En métaphysique, il s'interrogea sur la substance et les causes premières de toute réalité. Il distingua, notamment, la puissance et l'acte afin d'expliquer le changement et le devenir des êtres.

En éthique, il soutint que le bonheur ne résultait ni de la richesse ni du plaisir, mais d'une vie guidée par la vertu et la raison. Selon lui, la juste mesure entre deux excès conduisait l'humain vers une existence équilibrée et accomplie. Cette conception de la morale inspira, jusqu’à nos jours, les philosophes.

En politique, il scruta les différentes formes de gouvernement et considéra la cité comme le cadre de la vie humaine. Il compara les institutions de nombreuses cités grecques afin d'identifier les régimes les plus favorables au bien commun. 

En esthétique, il analysa la poésie et le théâtre dans « Poétique » où il expliqua, notamment, le rôle de la tragédie et de la catharsis.

En linguistique, il consacra quelques traités à la rhétorique.

Il s’intéressa, en sus, à l'astronomie et à de nombreuses autres disciplines.

Des ouvrages devenus des classiques

Parmi ses traités les plus célèbres figurent : « Organon », « Physique », « Métaphysique », « Des parties des animaux », « Éthique à Nicomaque », « Ethique à Eudème », « Politique », « Poétique », « Rhétorique », etc. Une partie de ses écrits se perdit au fil des siècles. Néanmoins, ceux qui furent conservés exercèrent une influence considérable.

Un héritage universel

Son héritage dépassa, largement, les frontières du monde grec. À partir du VIIIᵉ siècle, ses écrits furent traduits en arabe et étudiées dans les grands centres intellectuels du monde musulman. Des philosophes comme Al-Kindi, Al-Fârâbî, Avicenne et Averroès les discutèrent et les intégrèrent à leur propre réflexion. Ainsi, la pensée aristotélicienne connut un nouvel essor et fut, ensuite, transmise à l'Europe médiévale où elle séduisit des théologiens et des philosophes tels que Thomas d'Aquin.

En conclusion

Il échafauda une doctrine qui reposait sur une perception de l'Univers où la diversité exprimait une unité qu'il devait démontrer dans un discours rigoureux ; sa production influença la philosophie et la théologie de l'Occident et de l'Islam.

Si certaines de ses théories scientifiques s’avérèrent erronées, son exigence intellectuelle et sa volonté de comprendre le monde continuent d'inspirer les doctes. 

C’est qu’il faut beaucoup d’étude et de travail ; il faut être doué de cette patience du chercheur qui rédige, consciencieusement, une œuvre… son œuvre !

Dany Ollivier - Autrice

Une partie historique, de cet article, a été publié, pour la première fois, dans le bulletin d'information du S.N.R. d'octobre 2001. Il est extrait d'une conférence exposée depuis 1987 © 1987 (Conférence), © 2001 (Article), © 2004 (Site)


Téléphone : 09 54 04 33 53 - Courriel : danyolliviercsc@free.fr

Enseignement de cours où s'insère, naturellement, une thérapie brève et comportementale impliquant plusieurs techniques comme la pédagogie, la psychologie, la psychanalyse, l'Analyse Transactionnelle, le développement personnel, la suggestologie, la relaxation, la sophrologie, les méditations guidées, etc. Il s'adresse à ceux qui se cherchent, souhaitent évoluer, essaient de se connaître et d'aller vers les autres, ressentent un mal-être, reçoivent une clientèle, etc.

2026/05/25

Les ateliers philosophie : un espace pour dialoguer, penser et se comprendre

À la croisée des conversations, du doute et de la découverte de soi, les ateliers de philosophie vous invitent à explorer, sans prérequis ni certitudes, les interrogations humaines. La parole, les réflexions où les idées se confrontent, les différences s’écoutent et la pensée devient, peu à peu, une aventure intérieure

Ateliers philosophie
Représentation image : Les ateliers PHILOSOPHIE de juin à décembre 2026
Arrangement image : IA - Instructions textuelles et photographie Dany Ollivier
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La philosophie...

A l'origine, les penseurs se dénommèrent « les sages » à savoir « ceux qui détiennent la sagesse », puis ils constatèrent la faiblesse de cette possession et d’aucuns, plus sensés que les autres, se firent appeler « les philosophes » ou « les amis de la sagesse ».

L’appel du mystère

Le pas est franchi. Vous avez choisi de pousser la porte d’un atelier de philosophie organisé par le Centre des Savoirs à la Connaissance. Rien, pourtant, ne garantit le confort des certitudes : la salle ne débordera, peut-être, pas d’auditeurs, le thème demeurera inconnu jusqu’aux premiers échanges et les mots, eux-mêmes, viendront, parfois, se substituer à vos opinions. Là, chacun avance avec sa vérité provisoire, fragile, parfois contradictoire. Peu à peu, au fil des interventions, sans jugement ni condamnation, les différences se révèlent. La tolérance s’impose alors, non comme une leçon mais, comme une expérience vécue. Et lorsque vient l’heure de partir, un sentiment inattendu persiste : celui de ne pas en avoir fini avec soi-même. Vous voudriez en savoir plus… sur vous !

Une discipline aux frontières mouvantes

Vous le comprendrez, la philosophie est loin de constituer une unité homogène. À l’image de l’Univers en expansion, elle se déploie dans une multitude d’espaces intellectuels qui échangent avec fluidité ou ne communiquent pas entre eux. Les doctrines se confrontent, les penseurs se répondent ou se contredisent, sans qu’aucune parole ne puisse prétendre clore, définitivement, le débat. Qui détient la vérité sur l’Art, les sentiments, la politique ou la foi ? Depuis des siècles, l’humanité ne cesse de poser ces questions essentielles, tout en sachant qu’elles résistent à toute réponse absolue. C’est dans cet horizon d’incertitude que la philosophie trouve sa vitalité et sa nécessité.

Penser, librement, le monde et soi-même

Avant tout, la philosophie est une activité libre et réflexive qui s’enracine dans l’expérience humaine autant que dans l’Histoire, la technique ou la société. Elle invite, chacun, à interroger le savoir, le bonheur, la beauté, le pouvoir, l’erreur, la mort ou encore l’espérance. Nul besoin, pour cela, de maîtriser les langues anciennes ni d’avoir consacré des années à l’étude universitaire. Les grandes idées philosophiques appartiennent, aussi, à ceux qui osent les approcher avec curiosité et singularité. Elles prennent vie dans les questions ordinaires autant que dans les grands systèmes de pensée.

La philosophie à la portée de tous

Les plus grands penseurs ont, souvent, défendu une philosophie accessible à tous. Platon percevait dans chaque esprit, même celui d’un esclave, une connaissance déjà présente qu’il suffisait de révéler via des échanges de vues. René Descartes, en rédigeant son « Discours de la méthode » en français plutôt qu’en latin, faisait le choix d’être compris au-delà du cercle des savants. Quant à Gottfried Wilhelm Leibniz, il estimait possible d’exposer les lignes essentielles de sa pensée à quiconque acceptait d’y prêter attention. 

Une connaissance intérieure

Une pensée devient féconde lorsqu’elle se laisse, peu à peu, éclairer, débarrassée de ses zones d’ombres. Ce qui semblait extérieur, complexe ou inaccessible finit par rejoindre l’intime. Depuis les doctes grecs, la philosophie poursuit cette ambition singulière : transformer le savoir en une expérience intérieure. Elle ne se contente pas d’expliquer le monde ; elle aide chacun à mieux se comprendre lui-même, dans ses doutes, ses dénégations et ses aspirations les plus profondes.

Dany Ollivier - Autrice

Téléphone : 09 54 04 33 53 - Courriel : danyolliviercsc@free.fr
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2026/04/10

La vision d’un monde courbe

Entre intuition fulgurante et rigueur scientifique, Albert Einstein sut écouter les secrets de l’Univers et transformer notre perception de la lumière, de l’espace et du temps

Albert Einstein
Représentation image : le physicien théoricien allemand Albert Einstein (1879-1955)
Arrangement image : Dany Ollivier
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Albert Einstein : une trajectoire singulière

Le physicien théoricien allemand, naturalisé suisse puis américain, Albert Einstein naquit à Ulm, en Allemagne (1879-1955). Rebelle par nature, le jeune Einstein manifestait une curiosité éveillée pour les phénomènes naturels et les lois invisibles qui structurent le monde mais la rigidité du système scolaire l’insupportait. Il quitta l’Allemagne, à l’adolescence, et poursuivit ses études, à l’École polytechnique fédérale de Zurich, en Suisse.

Après l’obtention de son diplôme, il rencontra des difficultés à intégrer le monde étudiant. Il accepta, finalement, un poste d’examinateur à l’Office des brevets de Berne en 1902. Ce travail, apparemment éloigné de la recherche scientifique, lui offrit un cadre propice à la réflexion. C’est dans ce contexte qu’il rédigea, en 1905, plusieurs articles qui transformèrent, radicalement, la physique. Cette année, souvent qualifiée d’« année miraculeuse », marqua un tournant décisif dans sa carrière.

Einstein acquit une reconnaissance internationale. Il obtint des postes universitaires prestigieux et participa, activement, aux débats scientifiques de son époque. En 1933, il s’installa aux États-Unis où il poursuivit ses travaux tout en s’engageant dans des causes politiques et humanitaires. A sa mort, il laissa, derrière lui, une empreinte intellectuelle considérable.

1905, une année lumineuse, pour le docte, et fabuleuse, pour la physique

En 1905, le génie d’Einstein s’exprima de façon éblouissante : il publia un article sur l’effet photoélectrique, dans lequel il mentionnait que la lumière se comportait comme un ensemble de quanta d’énergie. Cette contribution lui valut, en 1921, le prix Nobel de physique. En 1905 également, il développa la théorie de la relativité restreinte qui remit en cause, en affirmant leur caractère relatif, la compréhension officielle d’espace et de temps.

1915 : la relativité générale

En 1915, il publia la théorie de la relativité générale. Ce système décrivait la gravitation, non plus comme une force, mais comme une courbure de l’espace-temps provoquée par la masse et l’énergie. Cette vision novatrice permit d’expliquer des phénomènes, jusque-là incompris, tels que l’avance du périhélie de Mercure et la déviation de la lumière par les corps massifs.

Les observations expérimentales confirmèrent ses prédictions en renforçant sa renommée. Si, par exemple, deux personnes passent un an, l’une en bas et l’autre en haut de notre belle Tour Eiffel ; à la fin de l’année, celle qui se trouve la plus éloignée du centre de la Terre (en hauteur), aura vieilli d’une micro seconde (- 0 000 001 sec/an) de plus que l’autre. Cet effet - majeur - de la dilatation des durées est dû à la relativité générale.

De la cosmologie à la transcendance

Au-delà de ses contributions majeures, Einstein s’intéressa à la mécanique statistique et à la cosmologie. Il ne fut pas religieux mais il écrivit : « L’expérience du mystérieux est la plus belle que l’on puisse faire. C’est l’émotion fondamentale au berceau de l’art vrai et de la vraie science. » et « Un être humain est une partie du tout que nous appelons "Univers" »

Ainsi, Albert Einstein incarna la figure du savant visionnaire ou l’individu n’est pas séparé du cosmos ; il en fait, intimement, partie.

En conclusion

Par la puissance de ses idées et l’originalité de sa démarche, il redéfinit, tout en exprimant des réserves face à certaines interprétations de la mécanique quantique, les fondements de la physique du XXe siècle.

Dany Ollivier - Autrice


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La plupart d’entre nous sommes habitués, depuis l’école, aux mathématiques. A moins de les utiliser dans notre vie socioprofessionnelle, nous nous empressons de les oublier à l’âge adulte. Les calculs, indispensables à la vie quotidienne, ne sont plus professés. Cet enseignement, tout public, remédie à ce manque. Par ailleurs, la logique arithmétique s'amuse des nombres, des lettres, etc. tandis que la logique géométrique joue avec les chiffres, les formes, les distances, les couleurs, etc.

L'astrologie s'appuie sur les mathématiques célestes. C'est une discipline intellectuelle, hautement spirituelle, et un outil, exceptionnel, de connaissance de soi. Elle nous permet d'œuvrer sur nous-mêmes, de discerner la destinée et de préparer, au mieux, l'avenir. Mais, est-elle signifiante ? Pour le savoir, il faut en étudier tous les rouages. Par ailleurs, elle requiert, des aspirants astrologues, de la dignité et de l'intégrité.

2026/03/08

Platon : une figure majeure de la philosophie idéaliste

Platon a marqué la pensée occidentale. Disciple de Socrate, fondateur de l’Académie et auteur de dialogues célèbres, il a développé une réflexion sur le monde des idées

Platon

Représentation image : Le philosophe grec Platon (vers 428-vers 348 avant notre ère)
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Une jeunesse aristocratique à Athènes

Le philosophe grec Platon naquit à Athènes en Grèce (vers 428-vers 348 avant notre ère). Issu d’une famille influente, il reçut une éducation complète. Il fut un disciple du philosophe grec Socrate et fit s'exprimer son maître dans des entretiens où il argumentait sur l'amitié, la vertu, etc.

Une rencontre décisive avec Socrate

Le parcours du jeune Athénien Platon changea, profondément, lorsqu’il devint l’étudiant du docte hellénique dont la méthode de questionnement, fondée sur l’échange verbal et la recherche de la vérité, marqua, durablement, sa pensée. 

Voyages et formation spirituelle

Après la mort de son maître Socrate, lors du procès, où il fut condamné, pour ses idées, à boire la ciguë, en 399 avant notre ère, Platon quitta Athènes pendant plusieurs années. Il voyagea, notamment, en Égypte, en Italie et en Sicile, où il entra en contact avec d’autres traditions intellectuelles. Ces expériences enrichirent sa réflexion et contribuèrent à l’élaboration de son système philosophique.

Ainsi, il distinguait le savoir de l'opinion et les pensées de la véracité du monde sensible ; il distinguait deux niveaux de réalité : le monde sensible (ce que nous percevons) et le monde des Idées (vérités éternelles et parfaites). Conséquemment, il élabora une philosophie idéaliste où s'articulait une théorie de l'être et de la nature ainsi qu’une conception du langage et de la politique.

La fondation de « l’Académie »

De retour à Athènes, il fonda, en 387 avant notre ère, une école philosophique, où l’on étudiait la philosophie, les mathématiques, la politique et les sciences, qu'il nomma « l'Académie » et, dès lors, inaugura une tradition féconde : le platonisme ! 

Cette institution restera active pendant plusieurs siècles. Elle accueillit de nombreux élèves et contribua à structurer l’esprit grec. Parmi eux figurait le futur philosophe Aristote, qui devint l’une des figures majeures de l'entendement occidental.

L’œuvre de Platon

Platon rédigea trente-cinq dialogues et quelques lettres philosophiques avec, dans la plupart des cas, Socrate comme personnage principal :
La République (réflexion sur la justice, la politique et la cité idéale) ;
Le Banquet (réflexion sur l’amour et le désir) ; 
Phédon (discussion sur l’âme et l’immortalité) ;
Apologie de Socrate (récit du discours de défense de Socrate) ;
Les Lois (réflexion sur l’organisation politique) ;
Etc.

En conclusion

Platon comprit qu’en transplantant la partie historique de Socrate, qui n’a rien écrit, dans des conversations manuscrites, il restituait le décor réel du vivant du personnage.

Dany Ollivier - Autrice

Une partie historique, de cet article, a été publié, pour la première fois, dans le bulletin d'information du S.N.R. d'octobre 2001. Il est extrait d'une conférence exposée depuis 1987 © 1987 (Conférence), © 2001 (Article), © 2004 (Site)


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2026/01/17

Le concept d’échec chez Abraham Lincoln

L’échec est souvent perçu de manière négative. Dans notre société, il est associé à la défaite, à l’erreur ou à l’incapacité de réussir. Pourtant, les revers font partie intégrante de l’expérience humaine : échouer signifie tenter, agir et se confronter à la réalité. C’est une expérience inévitable…

Abraham Lincoln
Représentation image : l’homme d’Etat américain Abraham Lincoln (1809-1865)
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Abraham Lincoln : une enfance marquée par la pauvreté et un accès restreint à l’instruction

L’homme d’Etat américain Abraham Lincoln naquit aux Etats-Unis (1809-1865). Il grandit dans une Amérique rurale marquée par la pauvreté. Son enfance fut marquée par des privations, un accès restreint à l'instruction et des travaux manuels pénibles. Autodidacte, il se forme seul en lisant la Bible, Shakespeare et des ouvrages de droit posant, ainsi, les bases de son avenir intellectuel.

Un parcours semé d’échecs, de revers et de tourments personnels

Avant d’entrer en politique, Lincoln exerça divers métiers — bûcheron, batelier, commerçant — puis devint avocat. Son parcours fut semé d’embûches : défaites électorales, oppositions virulentes, revers professionnels et épisodes de profonde dépression jalonnèrent son ascension. Rien ne laissait, alors, présager qu’il deviendrait l’un des présidents les plus marquants de l’histoire américaine.

De la présidence à la guerre de Sécession : une épreuve décisive

Élu, en 1861, seizième président des États-Unis, il affronta l’épreuve majeure de la guerre de Sécession, un conflit long et meurtrier. Malgré les divisions et les difficultés, son mandat aboutit à un tournant historique : l’adoption du treizième amendement abolissant, définitivement, l’esclavage. Lincoln fut assassiné, le 14 avril 1865, par John Wilkes Booth, un sympathisant des Etats confédérés (Sud) quelques mois après la fin du conflit.

L’échec comme moteur de progrès et de lucidité

« Ce que je veux savoir avant tout, ce n'est pas si vous avez échoué, mais si vous avez su accepter votre échec. », assurait Abraham Lincoln.

Cette allégation éclaire sa vision : l’échec est une étape. Il ne s’agit pas de le nier ou de le craindre, mais de l’accueillir avec lucidité, humilité et persévérance, afin d’en tirer des enseignements pour progresser. Lincoln incarne l’idée que la grandeur ne naît pas de l’absence de revers mais de la manière d’y faire face. Ce n’est pas tomber qui définit un être humain, mais la façon dont il se relève. En définitive, les désillusions sont des expériences essentielles qui participent à la construction d'une personne.

Ses défaites politiques n’ont, jamais, entamé ses convictions ; au contraire, elles ont forgé un dirigeant plus puissant et plus réfléchi. Durant la guerre civile, il reconnaît ses erreurs stratégiques et ajuste ses décisions ; une capacité d’adaptation déterminante pour devenir un leader. C’est cette aptitude qui a contribué à la victoire de l’Union et à l’abolition de l’esclavage.

Accepté, l’échec devient une force ; refusé, il se transforme en blocage. Reste alors une question essentielle : une vie sans échec serait-elle, réellement, réussie ? À l’inverse, des insuccès répétés peuvent, aussi, fragiliser l’individu, nourrir le doute et éroder la confiance en soi lorsqu’ils ne sont ni compris, ni surmontés.

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2025/12/23

Le concept d’action chez Socrate, Carlos Castañeda et Vichitr Ratna Dhiravamsa

A notre époque, il existe une étrange lassitude née, non pas du manque d’informations, mais de leur excès. Nous semblons savoir… Et pourtant, quelque chose demeure en suspens : le passage à l’acte ! Entre ce que nous comprenons et ce que nous vivons subsistent une foultitude d’intentions non tenues

Socrate
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Socrate : l’action comme miroir de l’âme et de la conscience morale

Le philosophe grec Socrate naquit en Grèce (vers 470-399 avant notre ère). Il s’est efforcé, en posant des questions (ironie) de pénétrer les esprits en leur révélant la fausseté de leurs points de vue. Il n’a rien écrit ; pourtant son nom résonne, à travers les siècles, comme celui d’un guide. Pourquoi une telle postérité pour un homme dont la parole s’est envolée ? Est-ce sa méthode et/ou le procès où il fut condamné, pour ses idées, à boire la ciguë, en 399 avant notre ère ?

« Vous pouvez cacher aux autres une action répréhensible, mais jamais à vous-même », affirmait Socrate.

Socrate nous invite à agir avec une conscience morale et/ou un « Surmoi » éveillé. Il place l’action au cœur de la cohérence intérieure. Si l’être humain peut duper la société, il ne peut s’abuser, durablement, lui-même. Tout acte injuste laisse une trace dans l’âme : une fissure, un désaccord intime. Ainsi, l’éthique, même si elle ne reçoit pas l’accueil espérée des politiques, n’est plus une affaire de réputation mais d’intégrité. Le fait blâmable révèle ce que le discours dissimule.

Carlos Castañeda
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Carlos Castañeda : l’action forge le guerrier

L’anthropologue de formation et écrivain américain Carlos Castañeda, naquit au Pérou (1925-1998). Il est connu pour ses ouvrages relatant l'enseignement chamanique qu'il dit avoir reçu d'un « homme de connaissance » Yaqui dénommé don Juan Matus. Son œuvre s’éloigne, progressivement, de l’anthropologie pour devenir une discipline existentielle centrée sur la responsabilité, la sobriété intérieure et l’action impeccable.

« Tu devrais déjà savoir qu’un Homme de connaissance vit en agissant, et non en pensant à agir, et encore moins en pensant à ce qu’il pensera lorsqu’il aura fini d’agir. Un Homme de connaissance choisit un chemin-qui-a-du-cœur et le suit », écrivait Carlos Castañeda dixit Don Juan.

L’être ordinaire, explique Castañeda, vit enfermé dans un monologue intérieur incessant. Il agit peu, mais cogite, profusément, à ce qu’il aurait dû réaliser, à ce qu’il fera peut-être, à ce qu’il pensera de lui-même une fois l’action accomplie. L’Homme de connaissance, au contraire, tranche. Il choisit un « chemin-qui-a-du-cœur » et il avance sans garantie, sans justification, sans discours superflu.

« C’est en agissant qu’on apprend à agir comme un guerrier, et non pas en parlant », continuait l’auteur dixit Don Juan.

Chez Castañeda, la parole est soupçonnée. Non pas parce qu’elle serait inutile mais parce qu’elle devient, trop souvent, un refuge. Don Juan, son maître Yaqui, ne cesse de le rappeler : penser à agir n’est pas entreprendre. Se raconter ce qu’on doit accomplir, l’anticiper, le commenter, après coup, c’est, déjà, s’en détourner. L’action, ici, n’est pas agitation. Elle est décision incarnée. Le guerrier n’explique pas : il s’expose. Il apprend par le risque, par l’erreur, par l’attention portée à chaque geste.

Vichitr Ratna Dhiravamsa
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Vichitr Ratna Dhiravamsa : l’action unifie l’expérience vivante

Le moine bouddhiste theravāda thaïlandais Vichitr Ratna Dhiravamsa (disciple de Mahāsi Sayādaw) naquit en Thaïlande (1934-2021). Il intégra l’ordre bouddhiste à l’âge de treize ans. Il s’installa, à Londres, en 1964, et devint prêtre assistant au temple Thaï de la ville. Par la suite, il enseigna, notamment en Europe, la méditation Samatha et Vipassanā pendant de nombreuses années. Après avoir quitté la robe monastique, il poursuivit son enseignement librement, insistant sur l’expérience directe plutôt que sur le dogme.

« Les discussions sont stériles par elles-mêmes. Elles ne prennent de valeur que quand elles sont suivies d'action, d'action juste qui est une fin en soi. Voilà une question qu'il nous faut explorer, en fonction notamment de notre Quête. Car, le seul fait d'en parler ne peut nous donner la plénitude de l'être. La connaissance sans l'expérience crée la dissociation et le conflit », assurait Vichitr Ratna Dhiravamsa.

Dhiravamsa formule un diagnostic similaire à Castañeda avec, en sus, la précision d’un méditant. Les discussions, dit-il, sont stériles par elles-mêmes. Elles ne deviennent fécondes que lorsqu’elles débouchent sur une action juste, vécue pleinement, sans attente de récompense.

Dans son enseignement la parole spirituelle n’est jamais condamnée mais elle est, strictement, subordonnée à l’expérience. Parler de la pleine conscience ne rend pas conscient. Comprendre la non-dualité ne dissout pas le conflit intérieur. Pire : la connaissance non vécue engendre une dissociation, un décalage douloureux entre ce que l’on sait et ce que l’on est.

L’action juste, dans la perspective bouddhiste de Dhiravamsa, n’est pas morale au sens conventionnel. Elle est alignement. Elle est ce moment où l’attention, l’intention et le geste ne font plus qu’un.

Agir ou se trahir : quand l’action devient la mesure de l’Homme

Il existe une frontière que nul discours ne peut franchir. Une ligne ténue, mais décisive, entre ce que l’on sait et ce que l’on vit, entre ce que l’on proclame et ce que l’on fait réellement. À travers les siècles, des voix issues de traditions, radicalement différentes, ont convergé vers cette évidence.

De l’Athènes antique de Socrate, aux déserts symboliques de Carlos Castaneda, jusqu’aux salles silencieuses de méditation de Vichitr Ratna Dhiravamsa, une même exigence se fait entendre : l’Homme se révèle dans ce qu’il fait, non dans ce qu’il affirme.

Lorsque la connaissance reste théorique, l’être se divise : je sais ce qui est équitable mais… je ne le vis pas ! L’action juste, accomplie avec attention et clarté, met fin à cette fracture. Elle n’est pas un moyen pour atteindre un idéal futur ; elle est complète en elle-même, pleinement vivante dans l’instant.

Tous trois dénoncent l’illusion dangereuse des allocutions sans incarnation. Tous trois refusent que la parole serve de refuge contre la transformation réelle. Agir, chez eux, n’est pas produire ni performer ; c’est se tenir debout dans ce que l’on fait, sans se cacher derrière les mots.

Car l’action - qu’elle soit morale, guerrière ou méditative - est ce lieu implacable où la Vérité cesse d’être une idée pour devenir une Vie !

Dany Ollivier - Autrice


Téléphone : 09 54 04 33 53 - Courriel : danyolliviercsc@free.fr

Enseignement de cours où s'insère, naturellement, une thérapie brève et comportementale impliquant plusieurs techniques comme la pédagogie, la psychologie, la psychanalyse, l'Analyse Transactionnelle, le développement personnel, la suggestologie, la relaxation, la sophrologie, les méditations guidées, etc. Il s'adresse à ceux qui se cherchent, souhaitent évoluer, essaient de se connaître et d'aller vers les autres, ressentent un mal-être, reçoivent une clientèle, etc.

2025/09/19

Socrate et la maïeutique : le philosophe qui questionne encore

Bien que Socrate, figure emblématique de la philosophie antique, n’ait rien rédigé, son héritage a marqué la pensée occidentale. C’est son art de questionner ou « maïeutique », véritable méthode d’accouchement des idées, qui interpelle. Entre l’ironie qui déconstruit les témoignages divergents, de ses contemporains, et les interrogations des penseurs modernes, la sagesse, du docte, est une invitation permanente à rechercher la vérité

Socrate
Représentation image : Socrate
Arrangement image : Dany Ollivier
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Socrate : une figure fondatrice de la philosophie

Le philosophe grec Socrate naquit en Grèce (vers 470-399 avant notre ère). Il s’est efforcé, en posant des questions (ironie) de pénétrer les esprits en leur révélant la fausseté de leurs points de vue. Il n’a rien écrit ; pourtant son nom résonne, à travers les siècles, comme celui d’un guide. Pourquoi une telle postérité pour un homme dont la parole s’est envolée ? Est-ce sa méthode et/ou le procès où il fut condamné, pour ses idées, à boire la ciguë, en 399 avant notre ère ?

La maïeutique : tenter d’accéder à la vérité

Socrate, par son art singulier d’interroger, a inventé une manière de philosopher qui ne repose pas sur la transmission d’un savoir mais sur l’éveil de conscience. Sa méthode, appelée « maïeutique » - littéralement l’« art d’accoucher » - se voulait analogue à la profession de sa mère, sage-femme, qui assistait les dames lors de l’enfantement. Lui, s’évertuait d’aider les mentalités à mettre au monde les vérités qu’elles portaient sans le savoir. La maïeutique, plus qu’une technique, est une éthique : celle d’un dialogue patient où l’évidence surgit, dans la douleur et la joie, de la délivrance intellectuelle.

L’ironie socratique : défaire pour reconstruire

Par l’ironie socratique, Socrate feignait l’ignorance pour inviter son interlocuteur à parler, à exposer ses convictions. Puis, par une suite de questions habiles, il dévoilait les contradictions, les approximations ou les illusions qui se cachaient derrière ces opinions. Le but n’était pas d’humilier mais de purifier : défaire les fausses certitudes pour mieux conduire, chacun, vers une recherche authentique du vrai et du bien.

Le problème des sources : quel Socrate retenir ?

Objectivement, que savons-nous du sage ? La question socratique connut un regain d’intérêt chez les philosophes, historiens et philologues. Le philosophe prussien Friedrich Daniel Ernst Schleiermacher (1768-1834) se posait la question de savoir si les legs relatifs au Socrate historique étaient d’égale valeur. Pouvait-on mettre, par exemple, sur le même plan les témoignages de ses deux témoins oculaires majeurs ?  Le Socrate, maître du dialogue et quêteur de l’Idée, du philosophe grec Platon (vers 428-vers 347 avant notre ère) ou celui plus pragmatique, moraliste et attaché à la vie quotidienne du philosophe grec Xénophon (vers 430-vers 355 avant notre ère) ? Et que dire du Socrate caricaturé par le poète grec Aristophane (vers 445-vers 385 avant notre ère), dans « Les Nuées », où il apparaît comme un sophiste ridicule, suspendu dans une nacelle, détaché du réel ? Cette interrogation reste ouverte…

En conclusion

Ainsi, Socrate ne cesse de nous tendre un miroir. Car philosopher, « à la manière socratique », c’est accepter d’être remis en cause, d’être conduit, à notre insu, vers une authenticité qui nous dépasse et nous engage. 

Dany Ollivier - Autrice

Une partie historique, de cet article, a été publié, pour la première fois, dans le bulletin d'information du S.N.R. d'octobre 2001. Il est extrait d'une conférence exposée depuis 1987 © 1987 (Conférence), © 2001 (Article), © 2004 (Site)


Téléphone : 09 54 04 33 53 - Courriel : danyolliviercsc@free.fr

Enseignement de cours où s'insère, naturellement, une thérapie brève et comportementale impliquant plusieurs techniques comme la pédagogie, la psychologie, la psychanalyse, l'Analyse Transactionnelle, le développement personnel, la suggestologie, la relaxation, la sophrologie, les méditations guidées, etc. Il s'adresse à ceux qui se cherchent, souhaitent évoluer, essaient de se connaître et d'aller vers les autres, ressentent un mal-être, reçoivent une clientèle, etc.

2025/08/29

Quand Paul Féval enchante Le Mont-Saint-Michel

En 1850, l’écrivain français Paul Féval rédigea, sous forme de roman-feuilleton, « La Fée des grèves », pour La Gazette de France ; un livre fut publié l’année suivante. Sur fond de guerre de Cent Ans, entre Normandie et Bretagne, le romancier illustre un Mont-Saint-Michel personnifié qui se dresse face aux marées. Dans cette vision de sable et d’écume, la mystérieuse fée incarne, à la fois, la beauté et la menace d’une situation éternelle

Le Mont-Saint-Michel
Photographie : Le Mont-Saint-Michel vue de Tombelaine
Crédit photo : Dany Ollivier (26 juillet 2024)
 
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Entre Histoire et légendes du Mont-Saint-Michel : « La Fée des grèves » de Paul Féval

L’écrivain français Paul Féval naquit à Rennes (1816-1887). Auteur prolifique, il dut une partie de sa renommée à des récits où la mémoire des provinces françaises se teinte de merveilleux. Parmi ceux-ci, « La Fée des grèves » occupe une place singulière.

Un roman-feuilleton précède le livre

Publié dans La Gazette de France, entre juin et octobre 1850, puis édité en volume, l’année suivante, « La Fée des grèves » s’inscrit dans la grande vogue du roman-feuilleton. Cependant, là où d’autres multiplient les intrigues urbaines, Paul Féval choisit un décor unique : la baie du Mont-Saint-Michel. Le choix n’est pas anodin. En 1450, moment où se déroule l’intrigue, la guerre de Cent Ans touche à sa fin. Charles VII entreprend la reconquête de la Normandie ; la présence anglaise chancelle. Subséquemment, l’écrivain situe son récit à la charnière de deux mondes : celui des affrontements militaires et des croyances ancestrales.

Le Mont-Saint-Michel, citadelle et personnage

Par un retournement acrobatique qui tient du passe-passe, Le Mont-Saint-Michel apparaît, dans le roman, comme une figure centrale. Forteresse inexpugnable, « Merveille de l’Occident », il domine les flots et résiste aux siècles. Plus qu’un décor, il incarne la permanence au cœur des bouleversements. Paul Féval le décrit, à la fois, comme un haut lieu spirituel, gardé par l’Archange, et une forteresse terrestre défiant toute armée. Autour de lui, les grèves mouvantes deviennent un théâtre naturel où le destin des humains se joue sous l’emprise des flux et des reflux.

« Le crépuscule se leva. Le Mont-Saint-Michel sortit le premier de l'ombre, offrant aux reflets de l'aube naissante les ailes d'or de son archange ; puis les côtés de la Normandie et de la Bretagne s'éclairèrent tour à tour. Puis encore une sorte de vapeur légère sembla monter de la mer qui se retirait et tout se voila, sauf la statue de saint Michel qui dominait ce large océan de brume », écrivit Paul Féval, en 1850, dans « La Fée des grèves ».

La légende de la fée

L’Histoire n’est pas seule à gouverner ces pages. La mystérieuse fée des grèves hante le récit. Figure ambiguë, elle incarne la beauté et la menace du paysage : apparition aérienne née du sable, du brouillard ou de la mer, elle fascine autant qu’elle effraie. Elle symbolise l’utopie populaire, les superstitions transmises, de génération en génération, la puissance de la nature, capable de séduire et d’engloutir en un instant. La fée devient, ainsi, l’allégorie d’un monde où l’être mortel n’est pas le maître car il est soumis à des forces plus vastes que lui. De même que, dans les contes, la Fée symbolise la maîtresse de l’esprit et la prêtresse de la magie...

Un roman au croisement des genres

Conséquemment, « La Fée des grèves » est, autant, un roman historique, ancré dans un moment décisif de la guerre de Cent Ans, et un récit légendaire où l’imaginaire des peuples de la mer s’exprime ; il fait dialoguer le réel et le merveilleux, la chronique et le mythe. En rendant son aura poétique, au Mont-Saint-Michel, l’auteur a su inscrire sa perception dans la mémoire littéraire et nationale.

Dany Ollivier - Autrice


Téléphone : 09 54 04 33 53 - Courriel : danyolliviercsc@free.fr

Les allers-retours grammaticaux, entre la langue de Molière et celle de Shakespeare, en font un enseignement particulièrement adapté aux anglo-saxons. Ces cours sont réservés à ceux qui ne parlent pas - ou peu - le français.

Vous savez lire et écrire. Cependant, vous faites des fautes. Cet enseignement ludique, essentiellement pratique, a été créé pour vous ! La logique verbale, quant à elle, joue avec les lettres, les vocables, le sens des mots, les expressions, etc. Ces cours sont réservés à ceux qui ont des difficultés avec l’orthographe et la grammaire de la langue française.